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Culture de la Mauritanie

Territoire à la croisée de chemins depuis la nuit des temps, la Mauritanie est une véritable mosaïque culturelle et ethnique. Sur les traces de Théodore Monod, partez vous aussi à la découverte de ce pays encore méconnu. Du Nord au Sud du pays, à travers dunes et oueds la richesse des paysages et des traditions sauront vous éblouir.

La Mauritanie est une terre de passage, un carrefour de cultures, une surprenante rencontre du Maghreb et de l’Afrique noire, un espace de brassage de peuples et de civilisations...

Sa population, de religion musulmane dans sa totalité, est constituée de communautés d’origine arabo-berbère, et négro-africaine, dont l’histoire a étroitement entremêlé les destins.

Les groupes « socio-ethniques » (Maures, Soninkés, Haalpulaar’en, Wolofs) qui la constituent demeurent fortement ancrés dans leurs modes de vie traditionnels, et tout en partageant des systèmes sociaux et des valeurs culturelles et morales proches, voire identiques, ont cultivé des spécificités qui donnent à la diversité culturelle du pays un cachet particulier.

Chacune de ces zones est riche de sa propre diversité : les grands ergs du désert et les hauteurs rocheuses de l’Adrar et du Tagant incrustées de sources de verdures ; les plages immaculées du littoral, s’étendant à l’infini, et le paradis des oiseaux du Banc d’Arguin ; le cours paresseux du fleuve, ses méandres et ses berges à la vie intense et colorée.

Cette unité/diversité des cultures se fond sur une variété des environnements naturels.

 

Richesses de la Mauritanie

La Mauritanie possède un riche patrimoine culturel préhistorique…

Gravures et peintures se trouvent sur des sites privilégiés dans des zones plus élevées telles que le massif de I’Adrar mauritanien et dans les villages fort bien conservés qui s’égrènent le long de la falaise du Dhar, entre Oualata et Tichitt, qui furent décrits en particulier par Théodore Monod..

1. Tichitt

D’après la tradition orale reprise par des historiens de renommée, la cité de Tichitt aurait été plusieurs fois reconstruite sur ses propres ruines (sept villes successives sont superposées).

Fournissant, au début, un lieu de repos pour les caravanes de sel traversant le désert entre Ouadane, Oualata et Toumbouctou, Tichitt devient, au milieu du XVIeme siècle, une étape incontournable dans le parcours caravanier.

2. Oualata

Située au sud-est de la Mauritanie, à 120 Km de Néma, Oualata est classée au patrimoine de l’Unesco. Fondée au Vlle siècle, elle est appelée par les anciens voyageurs « le rivage de l’éternité ».

Son architecture remarquable lui a valu d’être l’une des plus belles villes mauritaniennes.

Depuis toujours, Oualata est aussi un centre spirituel de l’lslam. On y conserve de précieux manuscrits et de nombreux étudiants y suivent des cours dispensés sur place par des savants réputés.

3. Ouadane

Ouadane est une ville et une commune de Mauritanie située dans la région de l’Adrar au nord-est de Chinguetti. Sa vieille ville (ksour) est inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ouadane s’étend à flanc de falaise sur le plateau du Dhar au pied duquel coulent les oueds Slil et Afeizi.

Fondée au XIIe siècle, Ouadane était une importante étape du commerce caravanier transsaharien. Les produits de l’Afrique saharienne y étaient échangés contre ceux du Maghreb.

Ouadane a ainsi connu une intense activité culturelle et scientifique. Il existait des bibliothèques avec des manuscrits traitant de tous les domaines du savoir et une même rue aurait abrité jusqu’à 40 savants.

Ouadane est également la porte d’entrée d’un lieu géologiquement remarquable à 25 km au nord-est : la structure de Richat.

Cette cité a accompli jusqu’à nos jours une traversée de sept siècles, grâce à l’énergie et la créativité de ses habitants. 

4. Les Arts Mauritanien

La musique Mauritanienne

La musique mauritanienne très pratiqué et apprécié dans le pays, est la somme des musiques maure, haalpulaar, soninké et wolof, enrichies les unes des autres par contact et brassage et fortement influencées par les patrimoines musicaux arabe et négro africain.
Les modes et les instruments de la musique, chez les Maures, les Haalpulaar’en, les Soninkés et les Wolof en ont des sœurs pratiquement jumelles.

Le “Hawl” maure se distingue quelque peu de ses sœurs négro-africaines. C’est un art classique rigoureusement codifié. La musique savante structurée, complexe, née dans les demeures des princes guerriers, dont elle chante la générosité et les exploits, s’appuie sur des principes fondamentaux qui ne changent pas, malgré des différences apparentes suivant les écoles musicales.

Elle s’organise schématiquement, à partir de deux notions, les voies: noire, blanche et g’neidye, définies suivant les idées de vigueur ou d’attendrissement qu’elles expriment, ensuite, les modes: Kar, Vaghou, Sennima et Lebteit, ramifications des voies devant être joués dans un ordre immuable. Si ce genre de musiqueproduit par des artistes, Igawen maures, Guéwel wolofs, Gawlo toucouleur ou Gesere soninké, est élitiste dans sa production et sa consommation, la musique populaire,”Medh” dans les occasions religieuses est grand public. Les instruments traditionnels sont, Tidinit, Ardine, Tbel…

La poésie

La Mauritanie fut appelée la “patrie au million de poètes”. Et cette appellation n’est pas fortuite, quand on sait que la poésie y est l’art le plus apprécié dans tous les milieux sociaux, et qu’elle est composée et écrites par la plupart des mauritaniens. En plus elle est récitée, par milliers de vers, presque par tout le monde que ce soit en arabe classique ou en hassania, pulaar, soninké ou wolof.

Presque chaque groupe social a son chant qui lui est particulier. Chez les maures l’art poétique est connu sous deux formes, “echiir” dans l’arabe classique, « monopole des élites savantes de la société », et “legh’ne” en hassania, la poésie dialectale accessible presque à tout le monde et faisant l’objet d’une grande diffusion à l’exception de “Tebrae”, courtes pièces de deux vers monorimes réservées aux femmes.

Dans les communautés, soninké, le “xaran sungu” est un exemple de la poésie soninké dont la thématique est essentiellement religieuse. Chez les halpulaareen, tous les chants, que ce soit le goumbala des guerriers (sebbés), le dilléré, des tisserands (maboubés) ou le pékane des pêcheurs (soubalbés), s’ils ne chantent pas les exploits du groupe, ils expriment ses rapports avec l’environnement ou évoquent les sentiments d’amour chez ses individus.

Les principaux savants de terre de chinguitti

Notre pays, terre de Chinguitti, fut toujours considéré comme un grand phare du savoir et une place forte des sciences. Ses augustes savants et ses illustres auteurs ont innové dans plus d’un domaine ; ils ont entrepris des exégèses du coran, en ont tiré beaucoup d’enseignements qui les ont aidés, par analogie, à résoudre des problèmes se rapportant aussi bien à la vie religieuse qu’à la vie quotidienne. Ils ont mémorisé des opuscules et des traités entiers, suivant ainsi les enseignements de l’Imam Chavii, décédé en 204 de l’Hégire. Celui-ci récitait par cœur toute sa bibliothèque qui par conséquent l’accompagnait partout où il allait.

L’un de ces hommes, le grand savant Jekenite, Moctar Ould Bouna, disait dans un poème devenu célèbre : « nous sommes une société nomade assez bien organisée… nous avons tout appris à dos de nos montures que nous avons transformés en une école dans laquelle nous enseignons méthodiquement la Religion de Dieu ».

En effet, la Mauritanie a donné naissance à des savants qui ont composé des traités et écrit des livres dans les domaines aussi divers que la doctrine islamique, la linguistique, la jurisprudence, les mathématiques ou la logique pour ne citer que ces disciplines considérés comme les fondements de la Pensée humaine.

Parce que l’écriture des livres est un critère par lequel on peut évaluer les apports d’une civilisation au patrimoine universel, nous avons décidé, en collaboration avec la Direction de la Culture et des Arts au Ministère de la Culture et de la communication, d’écrire un petit recueil sur les principaux savants mauritaniens.

Ce recueil, parce que fait à la hâte, ne comportera certes pas tous les savants, néanmoins ceux qui ne figurent pas dans la première édition, seront rajoutés ultérieurement car, nous pensons continuer cette noble entreprise tout en implorant Allah de nous aider dans cette tâche.

Ce recueil intitulé « les principaux savants de Chinguitti », classe les savants selon l’ordre de leur décès ou, par défaut, celui de leur naissance. Notre méthodologie consiste aussi à présenter chaque savant en citant son nom, prénoms, date et lieu de naissance, date du décès, âge, principaux faits marquants de sa vie, ce par quoi il s’est distingué et certaines de ces œuvres. Nous rappelons, une fois encore, que les savants qui ne sont pas cités dans ce recueil, le seront très prochainement dans d’autres travaux similaires et nous espérons que ce travail puisse contribuer à la valorisation de notre patrimoine et souhaitons que Dieu l’insère dans le chapitre de nos bienfaits et de tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont aidé à l’accomplir.