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Le rôle de la Mauritanie au sein du G5 Sahel

 

La situation géographique de la Mauritanie et son histoire font d’elle un acteur politique, culturel et militaire incontournable de la zone sahélo-saharienne.

Consciente de sa position géostratégique importante entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques et, dans un esprit d’entretenir des rapports privilégiés avec ses voisins, la Mauritanie mène une diplomatie dynamique au service d’une politique étrangère équilibrée et ambitieuse.

 

La Mauritanie, qui fait partie de l’ Union africaine, de l’Union du Maghreb arabe, de la Ligue arabe et de l’OMVS, est résolument engagée dans la poursuite du processus d’intégration sous-régionale et régionale. Tout en œuvrant à promouvoir et à développer de bons rapports de voisinage et de coopération bilatérales et multilatérales, la Mauritanie observe rigoureusement une neutralité positive et des positions équilibrées en matière de gestion de conflits sur le plan régionale et international.

La Mauritanie participe activement aux instances de concertation et de coordination euro-méditerranéennes (processus de Barcelone, dialogue 5+5, dialogue méditerranéen de l’OTAN). Associée dès 1995 au dialogue euro-méditerranéen en tant qu’invité spécial (en sa qualité de membre de l’UMA), la Mauritanie est devenue membre du processus de Barcelone, sans remettre en cause son appartenance au groupe ACP.

La Mauritanie est également membre du processus de Nouakchott, parrainé par l’Union africaine, qui réunit 11 Etats sahélo-sahariens. A ce titre, elle a soutenu l’action de la communauté internationale au Mali. Dans ce contexte, la médiation du Président de la République, Président de l’Union Africaine dans la crise de Kidal au Nord du Mali, a abouti après des négociations directes à la signature le 23 Mai 2014 d’un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement malien et les groupes rebelles. La Mauritanie continu ces efforts actuellement à travers la participation active au dialogue inclusif inter- malien pour rétablir la paix et la stabilité au Nord du Mali, avec la participation des pays voisins du Mali et l’appui de la communauté internationale.

La Mauritanie, qui adhère à tout les principes universels de droit international et de droit international humanitaire et de droits de l’Homme ainsi qu’aux idéaux de paix, de stabilité, de bon voisinage et de développement durable, réitère son engagement morale  indéfectible pour continuer à œuvrer pour renforcer la solidarité entre les peuples, réduire les inégalités économiques et sociales et résoudre pacifiquement des conflits.

Focus : Le rôle de la Mauritanie au sein du G5 Sahel 

La situation géographique de la Mauritanie et son histoire font d’elle un acteur politique, culturel et militaire incontournable de la zone sahélo-saharienne. Sur son territoire national et alors qu’elle a été l’un des premiers pays touchés par la menace terroriste, la Mauritanie a su protéger sa population grâce à la mise en application d’une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, les trafics de tous genres ainsi que le crime organisé.

Cependant, l’immensité de la zone sahélo-saharienne fait de la maîtrise de cet espace un défi sécuritaire qu’aucun Etat, si puissant soit-il, ne peut maîtriser seul. C’est la raison pour laquelle le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a pris l’initiative de proposer à l’ensemble de ses partenaires régionaux une meilleure coordination de leurs actions.

Ainsi est né le 16 février 2014, à Nouakchott, le G5 Sahel composé de cinq Etats de la région : la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. Il s’est doté d’une convention signée le 19 décembre 2014, tandis que le siège de son secrétariat permanent est situé en Mauritanie.

Le « sommet de Nouakchott » illustre la volonté des dirigeants des pays du Sahel d’adopter une vision stratégique commune afin de pouvoir mieux coordonner leurs politiques de développement et de sécurité. Il s’agit pour ces cinq Etat de faire la démonstration d’une volonté politique forte afin d’assumer la maîtrise de leur sécurité et de leur développement respectifs, à travers des engagements de coopération mutuellement bénéfiques.

Mohamed Ould Abdel Aziz, alors président en exercice de l’Union africaine (UA), a en outre accepté d’assurer la première présidence tournante du G5 Sahel. C’est actuellement le Niger qui en assure la présidence.

Si les enjeux de sécurité font partie des priorités du G5 Sahel, ses pays membres affichent d’abord et avant tout une forte volonté d’engager un processus vertueux de développement durable au sein de cet espace qui a vocation à devenir de plus en plus intégré. Ainsi, la Mauritanie souhaite que les cinq pays initient des projets structurants pour développer leur économie, leurs infrastructures, ou encore leur système d’éducation. Les pays du G5 Sahel travaillent ainsi actuellement à la création d’une compagnie aérienne ou encore à rationaliser leur offre en matière d’enseignement supérieur.

 

"Si les enjeux de sécurité font partie des priorités du G5 Sahel, ses pays membres affichent d’abord et avant tout une forte volonté d’engager un processus vertueux de développement durable au sein de cet espace qui a vocation à devenir de plus en plus intégré"

Il semble en outre que des enjeux aussi divers que ceux liés aux flux migratoires, à la sécurité ou encore au développement soient intimement liés. Ainsi, lutter contre la pauvreté et assurer la sécurité alimentaire –  dans une région qui fait face à d’importants défis économiques liés à la sécheresse et la faiblesse des ressources en eau – permet à la fois d’assurer une plus grande stabilité sociale, de réduire les risques de radicalisation, tout en offrant aux jeunes davantage de perspectives dans leur pays natal.

S’agissant de la menace terroriste, Mohamed Ould Abdel Aziz estime qu’elle « s’est étendue géographiquement, et complexifiée avec de nouveaux groupes à connotation ethnique » tout en faisant le constat que « là où l’Etat reste absent », la détresse croissante de certaines populations « les rend de plus en plus inféodées aux terroristes qui contrôlent leur zone, par les armes comme par l’argent ». . Les moyens militaires mis à disposition par les pays membres, avec le soutien de la France, des institutions internationales, et de nombreux pays de la région, ont vocation à neutraliser durablement ces menaces. Dans cette perspective, le sommet de Bamako, en juillet 2017, a permis de lancer officiellement une force militaire conjointe transfrontalière. La Mauritanie a déjà déployé 750 hommes en son sein tandis que 5 000 soldats doivent être déployés au total d’ici la mi-2018.

Partenaire privilégié de la Mauritanie, la France s’est engagée à débloquer 8 millions d’euros pour le G5 en décembre 2017 tandis qu’une visite d’État du nouveau Président français est en cours de préparation durant le premier semestre 2018, avant le 31e sommet de l’UA, qui doit se tenir à Nouakchott en juillet. Ce partenariat se traduira sur de nombreux fronts : du dialogue politique au développement et au soutien humanitaire, en passant par le renforcement de la sécurité et la lutte contre la migration irrégulière.